Se cultiver
J’apprends, comme si je ne mourrais jamais.

J’apprends, comme si je ne mourrais jamais.

Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. GHANDI

Jamais cette citation n’a eu autant de sens qu’aujourd’hui. Le nombre de personnes atteintes augmente quotidiennement, le Coronavirus nous poursuit, nous guette, veut notre peau. Nous nous protégeons, nous appliquons les mesures barrières, nous restons chez nous, nous créons de la distance physique. Il s’approche, rapidement, de plus en plus vite. L’ami de mon ami, puis mon ami, mon cousin et puis demain, demain ça sera peut-être moi. 

J’ai deux choix. Me ranger de peur, baisser les bras, angoisser, perdre mon sourire, penser à ma vie. Voilà le même point qui me fait pencher vers le deuxième choix, ma vie. Ce que j’en ai fait, ce que j’ai accompli et ce qui me reste à faire. 

Le soutien, la proximité sociale. Je ne suis épanouie qu’en groupe, et j’ai de la chance, j’appartiens à une grande communauté. Je me balade quotidiennement dans les villes, les pensées, les écrits, les sourires de mes camarades. J’ai le choix, ma connexion me le permet. 

Je lis, je m’évade, je rêve et je me cultive. Un peu de temps avec Flaubert, puis je vais à l’essentiel avec Attali, je reviens au Maroc avec Slimani, je redécouvre Chraibi à El Jadida, je découvre les bienfaits de la lecture collective. Je relis des passages du petit prince, mon ange gardien, et quand j’ai besoin d’amour et de paix je n’hésite pas à ouvrir Soufi mon amour pour certains passages qui me redonnent foi. 

Curieuse, je lis ce que mes camarades écrivent, j’échange avec eux, je veux comprendre, savoir, apprendre, chaque jour je me rends compte que j’ai beaucoup à désapprendre, ils m’aident pour ça. Je puise mon énergie dans nos échanges et je la rends. Je flotte, voyage et partage cette énergie avec les autres. Les idées, impressionnantes, les idées scintillent de part et d’autre, tout l’écosystème bouillonne, tout ce monde m’impressionne chaque jour. 

Je crée, je veux participer, je pense, je cherche et je pousse mes idées, je les connecte de Casablanca à Agadir, Youssoufia, Echemmaia, Ouled Taima, Oujda. Elles font le tour, s’enrichissent puis voient le jour. 

Voilà pourquoi je serais heureuse de me réveiller demain et voilà pourquoi je serais heureuse si je devais mourir demain. J’apprends comme si je ne mourrai jamais.

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